Le roi Midas et l’antiquaire

Il y a quelque temps, j’ai lu un livre incroyable sur l’art de profiter de chaque petit moment que la vie nous offre. Écrit par un psychologue hongrois dans les années 1990, ce livre est un petit bijou que j’ai découvert par accident dans la bibliothèque de ma cousine. Ça me fait penser qu’il va falloir que je le lui redonne quand la quarantaine serait finie! Dans ce livre, j’y avais trouvé deux histoires que j’ai décidé de vous partager aujourd’hui.

Extrait de Flow: the psychology of optimal experience par Mihaly Csikszentmihalyi.

 

Le mythe du roi Midas

Comme la plupart des gens, le roi Midas supposait que s’il devenait immensément riche, son bonheur serait assuré. Il a donc fait un pacte avec les dieux qui, après de longues discussions, ont exaucé son souhait que tout ce qu’il touche se transforme en or. Le roi Midas pensait qu’il avait signé le contrat parfait. Rien ne l’empêchait maintenant de devenir l’homme le plus riche, et donc le plus heureux du monde. Mais nous savons comment l’histoire se termine: Midas a vite regretté son affaire parce que la nourriture dans sa bouche et le vin sur son palais se sont transformés en or avant de pouvoir les avaler, et il est donc mort entouré d’or.

Des siècles plus tard, les salles d’attente des psychiatres sont remplies de patients riches et accomplis qui se réveillent soudainement. Ils réalisent malheureusement trop tard qu’une maison de banlieue luxueuse, des voitures beaucoup trop coûteuses et même une haute éducation ne suffisent pas à apporter la tranquillité d’esprit. Pourtant, les gens continuent d’espérer que changer les conditions extérieures de leur vie apportera une solution. Si seulement ils pouvaient gagner plus d’argent, être en meilleure forme physique ou avoir un partenaire plus compréhensif, la vie serait enfin parfaite. Même si nous reconnaissons que le succès matériel ne peut pas apporter le bonheur, nous nous engageons dans une lutte sans fin pour atteindre des objectifs externes, en espérant qu’ils amélioreront la vie.

La richesse, le statut et le pouvoir sont devenus dans notre culture les symboles puissants du bonheur. Lorsque nous voyons des gens riches, célèbres ou beaux, nous avons tendance à supposer que leur vie est gratifiante, même si toutes les preuves pourraient indiquer qu’ils sont misérables. Et nous supposons que si seulement nous pouvions acquérir certains de ces mêmes symboles, nous serions beaucoup plus heureux.

 

La boutique du vieil antiquaire

Un vieil homme dans une banlieue décrépite de Naples qui vivait de façon précaire dans un magasin d’antiquités délabré que sa famille possédait depuis des générations. Un matin, pendant qu’il prenait le thé avec un vieil ami en visite, une Américaine d’apparence prospère entra dans le magasin et, après avoir regardé autour de lui un moment, demanda le prix d’une paire de putti baroques en bois (deux sculptures d’angelots ailés), ces petits chérubins joufflus si chers aux artisans napolitains d’il y a quelques siècles et à leurs imitateurs contemporains. Le propriétaire a indiqué un prix exorbitant. La femme a sorti son carnet de chèques de voyage, prête à payer pour les artefacts douteux. L’ami de l’antiquaire retint son souffle, heureux de cette richesse inattendue sur le point d’atteindre son ami. Mais il ne connaissait pas assez bien le seigneur Orsini. Il est devenu violet et avec une agitation à peine contenue a escorté la cliente hors du magasin:

Non, non, signora, je suis désolé, mais je ne peux pas vous vendre ces anges.

À la femme sidérée, il répétait sans cesse,

Je ne peux pas faire affaire avec vous, vous comprenez?

Après que la touriste soit finalement partie, il s’est calmé et a expliqué:

Si je mourais de faim, je lui aurais pris son argent. Mais comme je ne le suis pas, pourquoi devrais-je conclure un marché qui n’est pas amusant? J’aime le choc des esprits impliqués dans la négociation, lorsque deux personnes essaient de se surpasser avec des ruses et avec éloquence. Elle n’a même pas bronché. Elle ne savait pas mieux. Elle ne m’a pas rendu hommage en supposant que j’allais essayer de profiter d’elle. Si j’avais vendu ces pièces à cette femme à ce prix ridicule, je me serais senti trompé.

 

Apprenez à créer du plaisir dans ce qui se passe jour après jour.

L’homme qui cherchait sa chance

L’Homme qui cherchait sa chance. Une histoire qui a changé ma vie. C’est un conte traditionnel que j’ai entendu dans une soirée de contes à Montréal (Les Dimanches du Conte) et qui m’a profondément marqué. Raconté au départ par Éric Gauthier, cette version est la mienne. Le truc, c’est que j’ai réinventer une parti de l’histoire sur une serviette de table 5 minutes avant d’embarquer et j’ai improvisé plusieurs nouveau éléments dans le feu de l’action. En plus d’avoir complètement perdu la voix quelques jours avant. Il y a un truc magique qui s’est passer durant cette performance. J’ai couper mon intro du début qui durait 6 minutes. (Clairement inutile et trop long!) C’est pas mal la seul correction que j’ai fait. J’avais envie de garder l’intégralité de la performance pour mes archives personnelles. J’ai finalement décidé de partager ça. Mon laboratoire audio est là pour ça. Explorer et avoir vos commentaires. Bonne écoutes!

L’homme qui cherchait sa chance