Et si tu étais une girafe?

Selon le Dr. Ali  Binazir les probabilités que J’EXISTE sont de 1 sur 102,685,000  — Oh oui, c’est le nombre 10 suivi par 2,684,999 zéros. (fuck.) Faut comprendre que les chances de gagner à la 6/49 sont de une sur 14 millions. Clairement. T’as plus de chance de gagner au loto que d’exister.

Tout le monde rêve de gagner le gros lot
Pour enfin acheter son bonheur en lingot. 

Pourtant, si tout le monde comprenait que les chances d’être vivant aujourd’hui, en 2020, sont tout simplement nulles. Zéro. Y’a théoriquement AUCUNE CHANCE que tu sois vivant aujourd’hui, en ce moment, sur cette planète. On ne parlera même pas des chances que t’as d’être capable de lire ce que je suis en train d’écrire. T’as la chance de savoir lire. La chance d’avoir un ordinateur, un téléphone, une connexion internet et un endroit où dormir. 

C’est quoi les chances qu’on se croise sur la rue St-Laurent à Montréal? 

Tsé.
Tu pourrais ne pas exister du tout.
Tu pourrais aussi juste être une petite-mini fourmi dans une gigantesque fourmilière.
Être la mouche sur le mur que j’essaie de tuer depuis tantôt.
Être un Nazi qui doit exécuter des ordres qui vont à l’encontre de ses valeurs morales
— Parce que tu as par peur de voir ta famille assassinée et brûlée.
Tu pourrais être un Aztèque qui reçoit la sympathique visite de gentils explorateurs espagnols
Tu pourrais être un Tricératops et voir arriver l’astéroïde qui va causer l’extinction de ton espèce
Tu pourrais être un chien, un chat, une souris…
Tu pourrais aussi être une GIRAFE. 

Penses-y deux secondes.

Le soleil se lève par-delà l’horizon du désert. La fraîcheur du matin va bientôt laisser sa place à une chaleur insoutenable pour la plupart des êtres vivants. En plein cœur de cet endroit, tellement sec que c’est véritablement un miracle de trouver une minuscule goutte d’eau pour s’abreuver, il y a là…

…une girafe.

Près d’un arbre mort.
Elle surveille la mort.

Elle attend la vie. 

Elle est en train de mettre au monde un nouveau petit bébé. Une créature qui a mijoté pendant 14 mois dans un utérus situé à 2 mètres de hauteur au-dessus du sable. Lentement, mais sûrement, le petit sort. 

C’est toi, ça.

Tu sors du ventre de ta mère. T’as même pas le temps d’ouvrir tes yeux. Pas le temps de sentir les premiers rayons chaleureux du soleil sur ta peau. Tu tombes dans le vide. Tu tombes pendant 200 centimètres. Ton corps fait le son d’un sac d’os qui percute un mur de brique, lancé par un adolescent frustré de la vie. 125 livres de chair de poule attachés à un squelette fragile tombant dans la sécheresse des dernières semaines.

Bon matin ! 

Tu ne bouges plus. Des vautours s’approchent en faisant des cercles dans le ciel au-dessus de toi. Le temps est compté. Dans une heure, ta mère s’en va avec ou sans toi. T’as 60 minutes pour apprendre à te tenir debout sur tes quatre pattes. Il faut que t’apprennes à faire fonctionner chaque muscle de ton corps. Faut que t’apprennes à respirer. Si dans une heure t’es toujours pas capable de marcher, elle va te considérer comme mort. 

Pis même si t’es pas mort ! Si t’es incapable de te lever, elle va te tuer elle-même pour t’éviter des souffrances inutiles. Parce que c’est mieux de mourir cassé et brouillé par les sabots de sa propre mère que d’être dévoré vivant.

C’est pas les options qui manquent, question d’être dévoré vivant : les lions, les hyènes rayées, les hyènes tachetées, les léopards, les lycaons et même les crocodiles. Pas de pitié ici. On est dans le désert. Tout le monde est affamé, déshydraté et désespéré.

Le vent du désert se lève.
Lèves-toi toi-aussi au plus vite petit.
Sinon c’est sûr que tu crèves
Les tempêtes de sable ne pardonnent pas, ici. 

Fait que tu te lèves et tu marches.
Maintenant.

Bonne chance avec la vie.

— —

P.S. Quand c’est le temps de la reproduction, le mâle girafe va aller goûter l’urine de la femelle girafe PENDANT qu’elle pisse. En buvant son urine, le mâle va détecter les hormones qui lui diront si la femelle est fertile ou non. Si c’est le cas, le mâle va procéder à la séduction de cette femelle. Pendant ce temps (meanwhile in Canada), moi je peux rester à l’abri dans ma maison et swipper des célibataires fertiles (ou non) à gauche et à droite sur les internets. Fait que j’ai pas besoin de boire l’urine de toutes les filles que je rencontre. 

Merci la vie. #Gratitude

Écrit par Jean-Michel Duclos
Textes revus et corrigés par Marie-Christine Cyr

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